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S. E. Bouthaina Shaaban: Une reconstruction aux caractéristiques syriennes: Reconstruire un monde véritablement plus pluraliste et plus sur, fondé sur les leçons de l’expérience syrienne

S. E. Bouthaina Shaaban

présidence syrienne


Tout d’abord, permettez-moi de remercier l’Institut Schiller et en particulier Mme Helga Zepp-LaRouche pour m’avoir invitée à prendre la parole à cette importante conférence sur le thème « Créer un avenir commun pour l’humanité ». Mais avant d’aborder le sujet de mon exposé, « Le plan de reconstruction de la Syrie, pierre angulaire de l’extension de la Nouvelle route de la soie à l’Asie du Sud-Ouest et à l’Afrique », je voudrais commencer par quelques brefs commentaires sur ce qui se passe en Syrie et ce qui nous a conduits à la situation actuelle. Avant de traiter des projets futurs, nous devons examiner les facteurs qui ont conduits à un tel carnage en Syrie, afin d’empêcher de futures calamités, non seulement au Moyen-Orient mais aussi dans le monde entier.

L’un des problèmes majeurs auquel nous devons faire face aujourd’hui est le fait que les pays occidentaux pensent réellement que le monde leur appartient, qu’ils représentent à eux seuls la communauté internationale et qu’aucune valeur ou intérêt autre que leurs valeurs « universelles et exceptionnelles » ne doit passer avant. Ils pensent aussi que quelle que soit la narration qu’ils adoptent et propagent, elle est la seule véridique, et que toutes les autres, fussent-elles plus justes et plus proches de la réalité, sont à rejeter.

La première décision prise par les pays occidentaux lorsque la guerre contre la Syrie a commencé, fut de retirer leurs ambassadeurs de Damas. Or le travail d’un ambassadeur n’est-il pas de transmettre à son pays ce qui se passe véritablement sur le terrain ? Comment les pays occidentaux ont-ils pu construire leur récit de ce qui avait lieu en Syrie, en l’absence d’un tel intermédiaire ?

A ce stade, nous devons parler du rôle joué par les médias, surtout la chaîne financée par le Qatar, Al-Jazeera, et celle financée par l’Arabie saoudite, Al-Arabyia, qui ont été les principales sources d’information sur la Syrie pour les médias occidentaux, bien que toutes deux aient retiré leurs correspondants dès le début de la guerre pour ne travailler qu’à partir de « témoins visuels », pouvant se trouver n’importe où dans le monde. Le prétendu « Observatoire syrien des droits de l’homme » est devenu la seule source d’information occidentale sur les dernières nouvelles du champ de bataille et d’autres atrocités. Les gens, en Occident, réalisent-ils que Rami Abdul Rahman, celui qui dirige cet « Observatoire », est un individu habitant à Coventry, au Royaume-Uni ?

Ces médias se concentrent uniquement sur des questions qui servent un certain ordre du jour, tout en ignorant la réalité sur le terrain. Combien, en Occident, ont entendu parler des bombardements qui ont eu lieu dans les villes syriennes de Tartous et de Jableh le mois dernier ? Ils ont tué 200 civils innocents. Mais, étant donné qu’ils ont eu lieu dans ce que les médias occidentaux appellent les « zones loyalistes » (sous le contrôle du gouvernement), elles ont rarement été couvertes et ont suscité peu de sympathie.

La propagation de récits mensongers sur la Syrie est aussi dangereuse que la guerre menée sur le terrain. Comment les peuples occidentaux peuvent-ils contester les politiques de leurs gouvernements à l’égard de la Syrie et du Moyen-Orient, s’ils ne reçoivent que des informations déformées et des narrations fabriquées de toutes pièces ? C’est pourquoi nous devons rétablir la vérité sur les événements, afin d’apporter aux populations occidentales un niveau de compréhension pouvant les amener à obliger leurs gouvernements à s’engager sur le chemin de la paix, plutôt que sur celui de la guerre. C’est alors seulement que le processus de reconstruction pourra commencer.

Avant même de commencer à parler de reconstruction de la Syrie, nous devons relever le défi monumental d’éradiquer le terrorisme en Syrie, en Irak et dans toute la région. Et quand je dis « nous », je ne parle pas seulement des Syriens et des Irakiens, mais de toute l’humanité. Comme l’ont montré les événements récents à Orlando et à Paris, qui ont coïncidé avec des bombardements à Damas et à Bagdad, c’est une menace contre tous les êtres humains, où qu’ils habitent.

Cependant, le monde, et en particulier les pouvoirs occidentaux, font-ils tout pour éradiquer cette menace existentielle contre l’humanité ? Le 17 décembre 2015, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, à l’unanimité, la Résolution 2253, agissant sous le chapitre 7. Cette résolution de 28 pages, introduite par les États-Unis et la Russie, impose le gel des avoirs, l’interdiction de voyager et l’embargo sur les armes à l’encontre de Daech, Al-Qaïda et « des individus, groupes et autres entités qui leur sont associés ». Le lendemain, 18 décembre 2015, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la Résolution 2254 qui endosse le communiqué de Genève du 30 juin 2012 et les « déclarations de Vienne » pour l’application de ce communiqué, comme base d’une solution politique dirigée par la Syrie pour mettre fin au conflit.

Le gouvernement de la République arabe syrienne s’est montré coopératif envers chacune des initiatives de l’ONU, depuis la première visite d’un envoyé de l’ONU, le général Dabi, à celles de Kofi Annan, Lakhdar al-Brahimi, Staffan de Mistura, parce que notre peuple souffre de cette guerre. Cependant, le vrai problème, ce sont les facteurs externes, principalement régionaux, qui échappent totalement à notre contrôle. Des puissances comme le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie sont toujours en train de financer, armer et envoyer des terroristes vers la Syrie. C’est ignorer la Résolution 2253 qui met l’accent sur la nécessité de couper le soutien aux terroristes afin de les vaincre, ce qui conduira éventuellement à une solution politique en Syrie.

Les Nations unies et les pouvoirs occidentaux, surtout les États-Unis, continuent à se concentrer sur la Résolution 2254 qui porte sur la solution politique à la crise en Syrie, ignorant totalement qu’aucune solution politique ne peut être atteinte avant d’avoir éliminé le terrorisme, qui est l’essence même de la Résolution 2253. Les États-Unis semblent avoir perdu le contrôle de leurs alliés régionaux en Turquie, au Qatar et en Arabie saoudite. De l’autre côté, l’administration américaine travaille avec la Russie au niveau des résolutions 2253 et 2254. Mais les États-Unis ont été incapables d’empêcher leurs alliés régionaux de soutenir le terrorisme en Syrie, ainsi que d’honorer les engagements pris avec la Russie, premièrement de lutter contre tout groupe terroriste qui ne respecte pas la trêve et deuxièmement de fermer la frontière entre la Turquie et la Syrie.

L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ont œuvré à saboter les pourparlers de Genève et à détruire la trêve fragile en vigueur depuis la fin février 2016. Sous la pression d’Ankara, l’opposition basée à Riyad s’est retirée des négociations et des groupes militants alliés à la Turquie ont démarré une impitoyable campagne de tirs d’artillerie contre les zones d’Alep contrôlées par le gouvernement. La Turquie a aussi injecté autour d’Alep huit mille djihadistes, qui ont attaqué l’Armée régulière syrienne tout le long de la ligne de front et perpétré des massacres dans la ville.

Cependant, les États-Unis refusent toujours de coopérer avec l’Armée syrienne et continuent à fonder des espoirs sur « les rebelles modérés », qui, comme ils l’ont prouvé, ne sont autre qu’un mirage. Les États-Unis refusent toujours de travailler avec la Russie, malgré les appels réitérés du gouvernement russe à lutter ensemble contre le terrorisme. De plus, les gouvernements français et allemand se sont récemment joints aux États-Unis pour violer la souveraineté syrienne, envoyant des troupes rejoindre les prétendues Forces démocratiques syriennes, au lieu de travailler avec l’Armée arabe syrienne et la Russie, qui ont réussi à faire reculer le terrorisme, libérant des dizaines de villes, y compris la ville historique de Palmyre.

Aujourd’hui, il ne semble pas y avoir de volonté réelle de vaincre Daech et les autres organisations terroristes. L’approche américaine a pris une tournure plus sinistre, cherchant à remodeler l’avenir de la Syrie et de l’Irak selon ses propres intérêts géopolitiques. Reconstruire des bâtiments et des routes n’aura aucun sens si la Syrie et l’Irak sont géographiquement et socialement défigurées et rendues méconnaissables afin de servir les schémas géopolitiques occidentaux.

Les défis colossaux auxquels nous devons faire face aujourd’hui et dans un futur proche, ne disparaîtront pas avec la victoire contre le terrorisme et le début du processus de reconstruction. Il est d’une importance capitale que le processus de reconstruction soit syrien dans ses aspects. Ce processus ne peut être dicté de l’étranger, surtout par les institutions financières internationales et les intérêts économiques globaux. Le peuple syrien qui habite cette terre depuis des milliers d’années, devrait avoir son mot à dire sur la façon dont le pays sera reconstruit. Les banques étrangères et les institutions financières internationales ne peuvent dicter aux Syriens comment gérer leurs finances, alors que les Syriens prennent part aux échanges et au commerce international depuis des milliers d’années. En effet, la ville d’Alep était la plaque tournante entre l’Asie et l’Europe, au cœur même de l’ancienne Route de la soie. Les fermiers syriens ont une expérience inégalée dans la culture de leur terre et n’ont nul besoin que des entreprises d’agro-business viennent changer les habitudes ancestrales afin de servir des intérêts étrangers.

Le peuple syrien est un peuple fier et productif. Il n’apprécie pas les paniers alimentaires de l’ONU, avec leur nourriture en conserve. Les Syriens ont toujours vécu de leurs cultures, de légumes et de fruits frais ; ils ont toujours exporté du blé, des légumes, de la viande, des produits laitiers et des fruits à quatre-vingts pays du monde. Ce dont le peuple a besoin de toute urgence, c’est de voir la paix et la sécurité restaurées pour leur terre chérie et fertile. Alors ils pourront non seulement se nourrir eux-mêmes, mais aussi des millions des gens avec eux. C’est dans les années 80 que les Syriens ont adopté la devise : « Nous pouvons manger ce que nous cultivons et porter ce que nous fabriquons. » Le peuple syrien est parfaitement capable de gérer indépendamment la reconstruction de son pays et d’accueillir l’assistance et la coopération de tous les pays, mais principalement des BRICS. Cependant, la coopération doit toujours être basée sur le principe fondamental du respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’héritage de la civilisation syrienne. Seulement alors, la Syrie pourra prendre sa place naturelle au cœur de la Nouvelle route de la soie et contribuer à la prospérité de l’Europe, de l’Asie et du monde entier.

En fin de compte, la Syrie n’a pas abandonné sa souveraineté durant cette guerre terrible ; elle ne la cédera pas durant le processus de reconstruction sous prétexte de besoins économiques et financiers.

Au delà des aspects matériels, de la reconstruction de la Syrie comme de la construction de la Nouvelle route de la soie, la tâche principale est de bâtir une Route de la soie intellectuelle, conceptuelle et culturelle.

La guerre contre la Syrie fut aussi une guerre contre l’identité et la culture du pays, et le processus de reconstruction doit aussi être l’occasion de reconstruire notre identité, de repenser notre passé et notre présent afin de construire un avenir plus sûr et prospère.

Au-delà de la Syrie, le monde a besoin de construire de nouveaux ponts intellectuels et culturels afin de contrer l’exceptionnalisme occidental et la violence extrémiste, qui nous ont conduits aux problèmes immenses auxquels nous devons faire face. Si les valeurs occidentales ont beaucoup à offrir au monde, elles ne sont toutefois pas totalement universelles, et elles ont été et sont encore utilisées par l’Occident pour donner une caution morale à leurs politiques cyniques.

D’autre part, la démocratie libérale a été incapable de s’ériger en modèle à suivre pour le reste du monde. Non seulement elle est en contradiction avec les cultures locales où elle a été imposée, mais elle est aussi un échec en Occident même, avec la montée de politiciens comme Donald Trump. C’est pourquoi nous devons travailler ensemble, aussi bien en Occident qu’en Orient, pour développer de nouvelles façons de penser, afin de reconstruire notre monde sur de nouvelles fondations intellectuelles et conceptuelles. En effet, considérer que sa propre culture est de nature exceptionnelle conduit nécessairement au racisme contre tous les autres peuples et civilisations. Les civilisations chinoises, indiennes, perses, arabes et autre civilisations eurasiatiques ont offert au monde tant de connaissances et de sagesse dans le passé, et en ont encore davantage à offrir.

Nous devons lutter pour construire un ordre mondial dont les caractéristiques seront l’égalité, le respect mutuel et la véritable diversité. Le dialogue, comme le montre cette conférence, est la voie pour aller de l’avant, et chaque pays, petit ou grand, puissant ou moins puissant, doit pouvoir apporter sa contribution à cet ordre nouveau et plus diversifié.

La nouvelle Route de la soie ne devrait être qu’un premier pas, mais non le dernier, vers ce projet plus vaste ; elle ne devrait pas se confiner au domaine de la politique et de l’économie, mais chercher à s’étendre pour créer une culture commune de dialogue et d’ouverture fondée sur la parité et le respect.

La Syrie est aujourd’hui la clé pour vaincre le terrorisme qui menace toute l’humanité. Elle est aussi la pierre angulaire d’un nouvel ordre politique mondial dans lequel la Russie et la Chine ont leur place car elles ont résisté avec force, d’une part avec la puissance militaire, mais aussi par un veto au Conseil de sécurité de l’ONU, qui a empêché le rouleau compresseur des Occidentaux d’enfreindre la souveraineté des nations et de les détruire en en faisant des foyers de chaos et de terrorisme. La Syrie aussi est partie intégrante d’un ordre économique eurasiatique plus juste et prospère, et sera au cœur de la Nouvelle route de la soie comme elle l’a été dans l’ancienne Route de la soie. Enfin, avec sa civilisation vieille de dix mille ans, la Syrie sera sûrement au cœur de tout mouvement culturel et intellectuel qui cherche à construire un monde plus diversifié, où les êtres humains vivront en harmonie et en paix, à l’opposé des conditions dans lesquelles nous nous trouvons.

Pour conclure, je dirai que l’un des sous-produits de la propagation de l’extrémisme est la déformation de l’image de l’islam aux yeux du monde. Les guerres contre la Syrie, l’Irak et la Libye cherchent à faire de ces pays et de ces peuples des États défaillants, à montrer au monde que l’islam est le problème, et que les musulmans ne peuvent se gouverner eux-mêmes et vivre selon les normes et les critères démocratiques occidentaux.

Par leur attitude, les terroristes contribuent à élargir le fossé entre l’Est et l’Ouest, nourrissant les sentiments islamophobes et le racisme en Occident. La vérité est que l’islam, comme toutes les autres religions monothéistes, est une religion d’amour, de paix, de pardon ; c’est une religion qui se réjouit des différences et nous enjoint à les cultiver. Le Coran s’adresse rarement aux musulmans, mais toujours à tous les humains : « O hommes ! Voyez, Nous vous avons créés, vous tous, à partir d’un mâle et d’une femelle, [15] et nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous puissiez vous connaître les uns les autres. [16] En vérité, le plus noble d’entre vous aux yeux de Dieu est celui qui est le plus profondément conscient de Lui. Vois, Dieu est omniscient, omnipotent. » Al-Hujurat-49-13. Pour ce qui est de s’entretuer, c’est totalement interdit dans le Coran qui décrit cela comme le crime ultime : « Aussi avons-Nous ordonné aux enfants d’Israël que si quiconque tue un être humain – à moins que cela ne soit [en punition] d’un meurtre ou de la propagation de la corruption sur terre – ce sera comme s’il avait tué toute l’espèce humaine ; alors que si quelqu’un sauve une vie, ce sera comme s’il avait sauvé toutes les vies de l’humanité. [40] Et, en effet, [41] Nos apôtres sont venus vers eux avec toutes les preuves de la vérité : voyez, pourtant, malgré tout cela, beaucoup d’entre eux continuent à commettre toutes sortes d’excès sur la terre. [42] » Al-Ma’idah-5 :32.

Ainsi on peut voir que la guerre de terreur lancée contre nos pays ne cherche pas uniquement à les détruire physiquement, mais à détruire aussi notre identité historique et civilisationnelle et notre image aux yeux du monde. C’est pourquoi, la vraie réponse se trouve dans un dialogue profond et global entre l’Est et l’Ouest, qui transcende les gouvernements et pénètre nos sociétés afin de créer de vrais ponts et de jeter les bases pour une Route de la soie sociale, intellectuelle et conceptuelle. Cela privera les terroristes de leur arme la plus puissante, qui est le manque réel de communication entre nous. Je suggère que cette conférence importante soit suivie d’une autre suscitant un grand intérêt parmi les médias et dont le thème sera la Route de la soie intellectuelle, politique et sociale entre l’Est et l’Ouest, en préparation à l’actuelle Nouvelle route de la soie proposée par la Chine.

Il nous faut faire de ce monde un Un, préservant la culture et la diversité, respectant les valeurs humaines, et non pas en imposant l’hégémonie d’une culture sur les autres. Nous devons exterminer les concepts dont les terroristes se nourrissent et l’idéologie qu’ils adoptent, afin de nous assurer qu’il ne leur reste dans le monde aucun terreau pour se propager.

Seulement alors, nous pourrons vivre dans un monde de paix et de sécurité véritable pour tous ; seulement alors, nous pourrons vivre avec nos petits-enfants dans un monde où tous seront heureux, où qu’ils soient nés.

Réponse de Helga Zepp-LaRouche à l’intervention de Mme Bouthaina Shaaban

Je tiens à vous remercier pour cette intervention extraordinaire. J’ai été très émue, comme des millions d’autres dans le monde, par le magnifique concert de Palmyre qui, je le pense, a été le début de ce dialogue intellectuel et culturel sur la Route de la soie. Hier, nous avons eu un beau concert composé d’un dialogue de musiques classiques : on a pu entendre la Messe du couronnementde Mozart ; du Bach ; des chants folkloriques chinois. Si, dans l’avenir, vous trouvez un peu de temps, j’aimerais que vous puissiez entendre les enregistrements car je pense que nous devons retourner le contrôle des médias. Car, il ne s’agit pas seulement de (la chaîne qatarie) Al-Jazeera et (du journal saoudien) Al-Arabiya, mais des grands médias d’Europe et des États-Unis, qui font tous partie de ce monde unipolaire.

Cependant, je pense que l’on devrait organiser, le cas échéant dans un autre pays, une vraie conférence pour un dialogue des civilisations où chacun amènerait l’expression de ce qui a été produit de meilleur dans sa propre culture. Vous avez rappelé le rôle majeur que la Syrie a joué pour l’ancienne route de la soie. C’est en effet fantastique mais il faut le faire savoir car les gens ignorent l’histoire.

Ce que je souhaite, ce serait d’organiser un vrai « Paukenschlag » [roulement de tambour], c’est-à-dire un événement international qui fasse du bruit où l’on terrasserait l’ennemi par une offensive de beauté, de joie et d’amour en réunissant de tels apports culturels. On donnerait une visibilité maximale à cet événement filmé et on gagnerait cette guerre ! (applaudissements)